lundi 10 mars 2008

Fin de la tournée

Voila, deux joueurs (Fabien et moi) sont deja rentres, les autres sont en vol. Ces quinze jours sont passé super vite, intenses, eprouvants et extremement enrichissants. Je souhaite à tout le monde de vivre une tournée au Québec!
Jeudi soir nous avons joue contre la GIF de Quebec: ambiance survoltée dans un bar, musique à fond, impros courtes, catégories non stop (pas une libre, par contre a la maniere des tortues ninja ça arrive!)... Le match se terminant sur un score d'egalite, les deux equipes furent departagées par un match d'insultes puis de compliments entre les deux capitaines. Emilie fait mouche grace à un 'la tienne est trop petite pour que tu me la calices dans le brin' pendant les insultes. Un match sous le signe de l'emotion, du non-dit bergmanien et de la construction.
Vendredi soir match sous les yeux des cameras d'une tele communautaire a Victoriaville, retour a un decorum plus classique. un bon match avec une equipe tres sympathique, on recroise des tetes connues (deux joueurs de Sherbrooke, la soeur d'un joueur de la LIQ). Harold profite des cameras pour donner l'adresse du site de la LIP.
Quinze jours de tournée, on decouvre un peu ses limites: fatigue, promiscuite, on se sent parfois un peu borderline. Niveau jeu on a vu de tous les genres: tres tres punchy et rock n roll a sherbrooke ou a la gif, plus fin et construit à la Globale ou a la LIQ, parfois un peu des deux comme à la Sprite qui de l'avis de pas mal de lipiens fut le match le plus réussi, en tous cas le plus equilibré, une belle rencontre.
Si je dois donner un conseil à ceux qui partiront dans les années à venir, ce serait de laisser l'envie de trop bien faire dans sa poche (ça m'a joué des tours et peut etre pas qu'a moi), ainsi que les complexes d'inferiorité des petits français au pays de l'impro, de repondre aux ambiances punch / testosterone de la meme maniere, ne pas se laisser bousculer ou intimider en quelque sorte.
En discutant avec eux on s'apperçoit qu'il y a quand meme une ambiance tres 'la gagne pour la gagne' dans les ligues d'impro de Cegep et de fac et on en ressent parfois l'influence.
Avec les équipes comme la LIQ ou la Globale, et meme avec toutes, arriver avec une proposition sur les mixtes, les joueurs Québécois aiment souvent laisser le lead et jouer sur une proposition adverse il me semble.
En parlant de lead, ça a été un des problèmes majeurs de la LIP: chaque joueur amene une proposition mais trop souvent anecdotique, ou alors une proposition de direction n'est pas prise, ou abandonnée dans les instants qui suivent: résultat on s'est souvent retrouvé avec des impros confuses, ou on ne savait pas ou était le focus. Les équipes québécoises nous ont souvent bluffé avec des comparées d'une simplicité d'école, ou la situation est jouée a fond et la drolerie semble naitre toute seule. C'est comme si nous on se mettait un peu trop la pression en se disant 'faut que je fasse quelque chose, faut que je sois drole' et du coup les impros sonnent un peu artificiel.
Oui vraiment, leur jeu collectif est seduisant par sa simplicite et son unite. On peut aussi noter un souci d'originalite dans la mise en scene: à la Sprite, quatre joueurs en reserve qui sortent un par un pour donner le point de vue de leur perso sur une meme situation par exemple: ça rend super bien. A la LIQ: un joueur campe les quatre membres d'une famille qui regardent un porno. Bon la il faut en avoir sous la pedale quand meme...
Voila, c'etait quelques reflexions a chaud d'un Lipien en plein jet lag mais avec des souvenirs plein la tete.
Pierre

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