La poutine rencontre le cassoulet par Kateline Grondin (la Nouvelle Union)

Dans un match spécial confrontant six joueurs de la Ligue d’Improvisation de Paris aux joueurs sélectionnés parmi nos quatre équipes locales, Vendredi, au studio de la TVCBF, les douze joueurs s’en sont donné à cœur joie sur la «patinoire» pour faire rigoler le public, tout en suivant sérieusement les consignes dictées par l’arbitre d’un soir, Philippe Rodrigue. Loin d’avoir été un choc des cultures, la rencontre a plutôt donné lieu à une savoureuse chimie entre la poutine…et le cassoulet!
D’ailleurs, dès les premières secondes de jeu, cette chimie s’est installée entre Amélie Hosteing, de la LIP et le président de la LIVE, Pierre-Alexandre Normand. Dans une improvisation intitulée «polka et pollen», les joueurs nous ont appris que la polka ne se danse pas, mais se boit! Et la soirée s’est poursuivie ainsi, dans un feu roulant de comédie et d’imagination, confrontant les facéties des uns aux faciès loufoques des autres. Tantôt c’est une Agnès Roucouly qui, transformée en bonne sœur, tente de séduire un spectateur, tantôt c’est une Manon Chouinard qui joue l’internaute blasée par la théorie de l’évolution, et à un autre moment, c’est Émilie Bourel qui joue à l’obsessive-compulsive dans son appartement loin d’être «asymétrique». Bref, une vague de rire à l’état pur en provenance des deux côtés de l’Atlantique, provoqué par une brochette de thèmes choisis au hasard par Philippe Rodrigue. Comme il faut bien, au terme d’un match, déterminer un gagnant, le dernier point du match s’en est finalement allé du côté des cousins français. Un accommodement bien raisonnable pour nous avoir fait tordre de rire!
Tournée québécoise
Victoriaville constituait le dernier arrêt de la tournée québécoise pour les joueurs de la LIP, étant présents chez nous depuis le 22 février dernier. Aux dires de leur formateur et responsable de la tournée Cédric Egain, les joueurs retourneront à Paris dimanche avec, dans leurs bagages, beaucoup de bonheur et aussi de nouvelles façons de jouer.
«Ce qui nous a marqué principalement, c’est toute la distance face au cérémonial. Chez nous, le contexte est plus rigide, c’est plus officiel, à l’exception de certains événements qui se rapprochent du cabaret, explique Cédric Egain. Ici, les joueurs prennent énormément de liberté, et ça apporte une nouvelle énergie!»Le responsable de l’équipe parisienne s’étonne encore de voir l’engouement pour l’improvisation dans plusieurs écoles québécoises, au secondaire comme au Cégep. «À Paris, l’improvisation demeure encore une activité marginale. On voit de plus en plus de petites ligues éclorent un peu partout en France, mais le phénomène n’a pas encore la même ampleur qu’ici», souligne M. Egain en précisant que l’improvisation est tout de même arrivé en France dans le milieu des années 80.Pierre-Alexandre Normand est fier de l’intérêt suscité par l’événement, comme chez leurs collègues français qu’ils avaient contacté il y a de cela environ trois mois. «Nous sommes souvent en contact avec d’autres ligues, au Québec, mais aussi à l’extérieur, avec lesquelles il est facile de communiquer par internet.»Bien que le président de la LIVE ne croit pas que la ligue soit prête elle-même à traverser l’océan, il mentionne toutefois que le comité organisateur a bien l’intention de faire revenir à Victoriaville plusieurs équipes d’Europe, dans le cadre du prochain Grand Week-end d’Impro, en juillet.Il ne reste que trois soirées d’improvisation au calendrier de la LIVE, car les demi-finales auront lieu le 14 mars. La semaine suivante, une intéressante rencontre confrontera les hommes d’affaires de la région… aux femmes d’affaires! «Qui d’entre les hommes et les femmes ont le meilleur sens des affaires? Nous tenterons peut-être de répondre à cette question», avance Pierre-Alexandre Normand, faussement sérieux, en expliquant que ce match constitue également une activité de financement. Le dernier match de la saison aura finalement lieu le 28 mars, à la fin duquel la LIVE a décidé, pour une première fois cette année, d’organiser un gala. «Il y aura une rétrospective des matchs de la saison, quelques vidéo et bien sûr, beaucoup d’animation. C’est le moment où nous nommerons par la même occasion le joueur et la joueuse de l’année», a finalement commenté M. Normand.
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